L'aéronautique
à Châteauroux-Déols
La vocation aéronautique de Châteauroux a une origine ancienne et elle est, de ce fait, profondément enracinée.
1916 : Une base-école de pilotage - qui instruira d'ailleurs 300 pilotes américains en 1918 -, devenue, à partir de 1919, base d'aviation de chasse, est créée à La Martinerie.
L'équipement comportait une piste en herbe et des ateliers de réparation.
L'emprise foncière de la base de la Martinerie s'agrandit en plusieurs étapes pendant toute la période entre les deux guerres. En particulier, des terrains furent acquis au nord de la R.N. 725 pour la réalisation de casernements. Dans la zone sud, de vastes hangars furent construits.La Martinerie fut l'origine de la vocation aéronautique de Châteauroux.
Période 1936-1951.Août 1936 : l'usine aéronautique de Châteauroux-Déols est créée par Marcel Bloch (Dassault) qui avait utilisé la base de la Martinerie pour faire des essais en vol de ses prototypes.
Les terrains acquis ont une superficie de 157 ha et sont situés sur les communes de Déols et Coings. Ils comportent une piste d'atterrissage sommaire.
L'usine comprend trois grands halls-ateliers, et des bâtiments pour les bureaux d'études et l'administration.
L'architecte de cette usine modèle fut Georges Hennequin.L'usine fut rapidement nationalisée et exploitée par la Société Nationale de Constructions Aéronautiques du sud-ouest (SNCASO) de janvier 1937 au 30 avril 1945, date à laquelle la Société Nationale de Constructions Aéronautiques du Centre (SNCAC) l'a prise en charge jusqu'au 31 juillet 1949. Au 1er août 1949, l'usine fut reprise par la SNCASO et ceci jusqu'au 1er août 1951, date de l'arrivée à Châteauroux de l'armée de l'air Américaine.
Le nombre d'emplois culmina aux environs de 2.000 en 1939.
Au cours de ces périodes, les activités de l'usine peuvent être ainsi résumées :
- 1936 à 1940 : fabrication de bombardiers Bloch 131. Fabrication d'environ 250 chasseurs Bloch 151 et Bloch 155.
Réparation des Bloch 200 et 210.- 1940 à 1944 : activités variées et ralenties pendant la période d'occupation.
- 1944 à 1945 : Activité modeste : Fabrication d'ensembles, notamment empennages pour Bloch 161 (Languedoc). Réparation et modification des avions de l'Aéronavale (20 appareils environ).
- 1946 à 1951: Fabrication de 80 Bloch 175. Fabrication d'éléments pour NC 711 (Cormoran). Réparation, révision générale et modification de Siebel, Junker 52, Beech-craft C 45, soit au total 80 appareils.
Le nombre d'emplois décroît : 605 en 1949, 564 en 1950, 540 en 1951.
La période américaine (1951-1967).Des travaux sont engagés dès 1951-52 :
- construction d'une piste de 2.550 mètres sur 63 mètres,
- d'une piste de circulation de 2.960 mètres sur 30 mètres,
- d'aires de stationnement de 280.000 mètres carrés,
- de 10 aires de dispersion se 3.500 mètres carrés chacune.Ces travaux sont terminés fin 1952.
En 1953, les terrains représentent une superficie de 323 hectares et une surface couverte de 54.000 mètres carrés.
L'usine fut alors administrée par la Mission de Liaison auprès des Armées alliées jusqu'au moment où l'USAF décida de faire exécuter la maintenance des avions réparés à Châteauroux par une Société privée.
La Société AEMO-BREGUET dirigea l'usine aéronautique de Déols du 1er Juillet .1958 au 30 Juin 1961, date à laquelle elle fut prise en compte par la Société d'entretien et de Réparation Industrielle de Matériel d'aviation (SERIMA).Pendant la période américaine au cours de laquelle 3 687 avions de 35 modèles différents ont subi dans les ateliers des interventions de maintenance - avec une pointe en 1957 (900 avions) - et I 595 avions ont été essayés en vol après être sortis des ateliers de l'usine et ont totalisés plus de 2 200 heures de vols d'essai sans aucun accident.
1967 : départ des Américains.
La période S.N.I.A.S.
En janvier 1970, la S.N.I.A.S. qui naît de la fusion de Nord-Aviation, Sud-Aviation et de la société d'entretien et de réparation S.E.R.E.B. , prend l'exploitation de l'usine de Déols.
QU'EST-CE QUE LA S.N.I.A.S. ?
La Société Nationale Industrielle Aérospatiale représente 40 % de l'industrie Aéronautique Française : c'est Caravelle, Transall, le lanceur Diamant, l'hélicoptère Alouette.
Elle regroupe, à l'échelle nationale, 43.000 travailleurs.
C'est Concorde, Airbus, Corvette, Ariane (lanceur lourd européen), une gamme d'hélicoptères.Elle assure une grande partie des emplois de haute qualification dans le Centre avec les usines de Châteauroux et de Bourges.
Avec les entreprises sous-traitantes, elle constitue l'essentiel de l'industrie toulousaine.
Elle représente une part importante des emplois industriels dans l'Ouest et le Midi (Nantes, Saint-Nazaire, Bordeaux, Rochefort, Tarbes) , dans le midi (Marignane, Cannes)
Elle emploie 10 000 personnes dans la Région Parisienne.Jusqu'en 1975 : sont passés en révision dans les ateliers de l'usine de Déols, environ 400 appareils, et ont été fabriqués divers équipements, en particulier pour les Airbus A 300 B et les Dassault 312.
L'usine de Déols, en 1976, a un effectif de 592 cadres, techniciens et ouvriers qualifiés qui, du fait de ses infrastructures, pourrait être porté à 2000. Personnel et infrastructures permettraient d'intervenir sur les appareils les plus modernes.
C'est la potentialité industrielle locale la plus importante.
Malgré cette situation sociale et industrielle très favorable,
Le Gouvernement a pris la décision de fermer l'usine de Châteauroux-Déols le 30 juin 1976.
1976. Nouveau départ.La Chambre de commerce et d'industrie de l'Indre ( CCI ), consciente du potentiel économique que représente l'aéroport, décide, avec l'appui des pouvoirs publics, de prendre en charge la gestion de l'aérodrome. Des travaux de remise en état des infrastructures sont engagés, et l'aérodrome redevient opérationnel.
A partir de 1980, la CCI définit un programme pour promouvoir un véritable pôle de développement local et régional : contact avec des organisateurs de charters, les sociétés chargées du transport des matériels sensibles ( matériels militaires en particulier fabriqués dans les usines de Bourges ), et les compagnies aériennes pour leurs vols d'entraînement.
1985 : des travaux sont engagés pour la réfection de la piste,
1987 : La Chambre de commerce et d'industrie pilote un regroupement du Conseil général et des villes de Châteauroux et Déols, qui acquiert les installations de la zone aéroportuaire. La zone de fret est transférée et l'aérogare est réamménagée.1989 : Création de la zone industrielle aéroportuaire (ZIAP),
1994 : Le Conseil général de l'Indre reprend la gestion de l'aéroport.
1999 : la zone accueille une vingtaine d'entreprises dont ERPI, entreprise de distribution de produits pharmaceutiques nationale.
mars 1999, le président de la Chambre de commerce Jean-François Mayet , confirmant la vocation de la CCI dans la situation économique et sociale d'aujourd'hui - impulser des activités -, a défini deux objectifs :
- la création de la ZIAP 2 sud en complément de la ZIAP 1 nord, aujourd'hui totalement occupée et constituée des bâtiments existants.
- la réhabilitation de l'autre bâtiment historique en rotonde et la création de deux usines relais, pour commencer, sur un terrain de dix hectares environ situé entre la ZIAP nord et le Grand-Verger.
La CCI a décidé de confier la maîtrise d'œuvre des travaux à la SEM 36, émanation du conseil général.
Le conseil général gère en effet depuis 1994 l'aéroport, et sa présence dans la gestion de la ZIAP n'est plus apparue indispensable. Aussi le consortium gérant la ZIAP est-il désormais constitué de la CCI (45 %), de la ville de Châteauroux (45 %) et de la ville de Déols (10%). Un vaste programme de vingt millions de francs de travaux est prévu, avec la réhabilitation du bâtiment historique de 2.300 m2 de planchers en rotonde.
Les objectifs principaux :
- création d'une pépinière d'entreprises centrées sur les nouveaux métiers de l'informatique, de la communication, de l'information et des technologies nouvelles, et aménagement d'une agence de développement de l'lndre, guichet unique de tous ceux qui veulent s'installer dans le département et réunissant divers organismes aujourd'hui géographiquement éclatés dans l'agglomération castelroussine.
- construction de deux usines-relais sur le terrain actuellement vierge, situé entre la ZIAP nord et le rond-point
Une logistique et une assistance à la gestion seront communes à la pépinière d'entreprises et aux usines-relais.Avant l'an 2000, l'initiative repart, sur ce lieu privilégié d'implantation industrielle, parfaitement relié à la voie aérienne, au fer, à l'autoroute, un lieu de tradition de l'industrie de pointe.
Sources : Livre blanc des Cadres de l'usine aéronautique de Déols (SERIMA) - 1966.
Châteauroux informations 1976 (bulletin municipal)
Au fil de l'Indre 1989
CCI assemblée générale mars 1999 (N.R. 18-03-99)
François Jarraud : les Américains à Châteauroux 1951-1967.
Pascal Blondeau : l'Indre aujourd'hui 1990
Notes et études documentaires, région Centre 1972 (cité par F.J.)
Journal "Commerce et Industrie" 4-5-2000
site aéroport
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