Le stade Gaston Petit

 

1929 : Une initiative importante est prise par le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, sous-secrétariat de l'Education physique pour le recensement et l'encouragement à l'aménagement de terrains de sport dans les communes, initiative relayée par le préfet, à l'échelon du département ( lettre du préfet au maire de Châteauroux du 27-05-1929 ).

Le 2 juillet 1929, le Maire adresse au préfet une lettre dans laquelle il indique deux points importants :

- J'ai fait part de votre circulaire aux trois sociétés de notre ville qui disposent chacune d'un terrain de sport : l'Association Sportive de Châteauroux, La Berrichonne et l'Etoile.
- La commission des Fêtes et des Sports du Conseil Municipal s'est prononcée à l'unanimité pour la création à Châteauroux, d'un stade municipal qui, vu son importance et son aménagement, serait appelé à absorber les divers stades indépendants.

Cette date, 1929, est essentielle : elle marque l'origine des recherches, par la municipalité, de terrains permettant la réalisation d'un stade municipal.

Il est intéressant de remarquer l'insistance du Sous-Secrétariat d'Etat à l'Education Physique, dans ces années 1929-1930, pour la création rapide de stades dans les communes : relance par le préfet, nouvelles circulaires relatives aux possibilités de subventions ( 28-02-1930 ).

Il est remarquable, d'autre part, que le maire de Châteauroux fut actif dans la recherche de terrains possibles pour un grand stade.
Un certain nombre de propositions de terrains fut transmis par des propriétaires, entre autres par le propriétaire des vastes terrains ( 17 ha ) sur lesquels fut, 25 ans plus tard, réalisée la cité des Grands Champs ( lettre du 16-01-1930 ).

1936, le 18 août : le Conseil Municipal "décide l'acquisition, par voie d'expropriation, des terrains nécessaires à la création d'un stade municipal".
Le 18 septembre suivant, l'enquête en vue de la déclaration d'utilité publique est engagée "sur le projet de création d'un stade municipal, route de la Châtre, aux abords du village de la Pingaudière.

1938, le 7 mars, l'expropriation est prononcée par le président du tribunal.
La ville de Châteauroux devient propriétaire de l'emprise principale des terrains du futur stade municipal.
L'ensemble des terrains - qui appartenaient à plusieurs propriétaires - correspond à une superficie de 11,30 ha.( le montant des indemnités est de 225.000 francs )


1956 : Après les urgences de l'après-guerre, la municipalité du Maire Edouard Ramonet reprend l'initiative dans le domaine des équipements sportifs.

1956, le 1er octobre, note du Maire jointe au recensement des équipements sportifs de la ville :

" La construction d'un stade municipal à Châteauroux s'avère indispensable pour mettre à la disposition de la population et des élèves des établissements d'enseignement de la Ville, des installations sportives convenables.
La Ville qui compte 36.420 habitants mais en groupe 50.000 avec les communes suburbaines ne dispose présentement que d'installations privées.
Le terrain, de plus de 11 hectares, proposé pour la construction du stade a été acquis par la Ville, dans ce but, en 1936…"

1956, le 22 octobre : Approbation, par le conseil municipal, du dossier d'avant-projet du stade municipal et de son montant de 340.000.000 de francs.

Composition du projet de stade :

- Un terrain d'honneur de football - rugby entouré d'une piste d'athlétisme à 6 couloirs, conforme aux plan types établis par la Direction générale de la Jeunesse et des Sports, Tribune vestiaire de 2.200 places et gradins de 2.500 places.

- Un terrain de demi honneur de football, entouré d'une piste vélodrome.
- 3 terrains d'entraînement de 100 x 60
- Une aire d'évolution pouvant contenir plusieurs terrains de basket ou Volley.
- Un terrain de basket de compétition
- Deux terrains de tennis de compétition.

En outre, la ville de CHATEAUROUX envisage la construction de deux logements pour concierge et employé d'entretien ainsi que d'un parking pouvant recevoir de 300 à 350 voitures.

Nota : voir en fin de rubrique, le programme détaillé réalisé à l'origine

1957, le 23 août : notification par le Préfet au Maire de Châteauroux, de l'approbation du dossier d'aménagement du stade-vélodrome, avec note du chef du Service Départemental de la Jeunesse et des Sports signée G.Petit.

"Jusqu'à ce jour, aucune installation sportive municipale n'existe à CHATEAUROUX.
Le programme envisagé me paraît donc très judicieux.
Il se justifie pleinement sur le plan civil par l'importance des pratiquants sportifs de football - rugby - basket - volley - athlétisme et cyclisme, qui ne disposent dans des installations uniquement privées, que de terrains très sommaires et en mauvais état.

CHATEAUROUX, qui possède une équipe de football jouant le championnat de France amateur, ne possède aucun terrain de football digne de ce nom, n'a pas d'installations d'athlétisme, ne possède même pas une piste pouvant permettre de courir un 100 m.

 Ce projet se justifie également sur le plan scolaire où le manque d'installations sportives oblige les Organismes de l'0.S.S.U. à prévoir des rencontres hors de CHATEAUROUX, créant des complications épouvantables d'horaires et de transports.

 La réalisation de ce stade provoquera certainement à CHATEAUROUX, ville en plein essor, et dans sa région, un épanouissement considérable de toutes les activités sportives.

 Je donne avis très favorable à sa prise en considération. Je souhaite son exécution rapide et l'obtention par la ville de CHATEAUROUX, de l'aide financière de l'Etat la plus substantielle."


 
Libération des terrains

1957, le 21 mai : lettre de Ch.P.Martin, architecte chargé de l'étude du stade, au Maire, pour lui faire part de la mise en route prochaine des travaux.
Cette lettre est la première d'un échange important de correspondances portant sur la libération de l'emprise du stade des divers baraquements, échange entre la municipalité, l'architecte, l'inspection d'Académie, la directrice du Centre d'apprentissage des Charmilles.
Ces correspondances s'échelonnèrent au cours des années
1957, 1958, 1959, jusqu'à la date de début des travaux.

1959, 27-02 : Lettre du directeur du Service des Domaines au Maire.
Cette lettre donne des informations sur l'occupation partielle des terrains de la Pingaudière par des baraquements, utilisés initialement par des réfugiés (1940), puis par les Centres d'apprentissage (à partir de 1943).

"L'Etat a édifié en 1940, au lieu-dit "la Pingaudière à CHATEAUROUX, sur un terrain mis gratuitement à sa disposition par la Ville, quatre baraquements en briques creuses, couverts en ardoises et d'une superficie de 180 mètres carrés chacun. Ces baraquements, qui étaient loués à l'Association départementale pour la Formation des Jeunes Travailleurs, suivant actes en date des 1er Juillet 1943 et 27 Novembre 1945, ont été remis au Service des Domaines, aux fins d'aliénation, par la Direction départementale des Anciens Combattants et Victimes de guerre, aux termes de deux procès-verbaux en date, respectivement, des 17 Novembre 1947 et 8 Juillet 1948.
Les baux susvisés ayant été dénoncés, les quatre baraquements ont été occupés à compter du 1er Janvier 1950, tout d' abord par les Centres d'apprentissage masculin et féminin de CHATEAUROUX, puis par le seul Centre d'apprentissage féminin."


Stade Gaston Petit 1971

Les travaux 

L'historique de l'opération a fait l'objet d'un rapport du directeur des services techniques de la ville, en date du 1er mars 1962.

" La décision de construction d'un Stade Municipal remonte à 1954.
Les formalités nécessaires pour la désignation de l'Architecte, l'établissement du dossier d'avant-projet, lequel fut modifié à plusieurs reprises, l'approbation technique, l'attribution de subventions et l'établissement du dossier d'adjudication ont nécessité trois années.

La première tranche de travaux a été lancée en Septembre 1959. La plupart de ces travaux n'ont pu être exécutés qu'en fonction des conditions atmosphériques favorables en raison du soin que nécessite la préparation des sols d'un Stade, et aussi, du fait que le terrain retenu est très argileux et imperméable.

D'autre part, les travaux d'égout qui traversaient la voie ferrée Tours-Montluçon ont dû recevoir l'agrément de la S.N.C.F, lequel a duré près d'un an (de Novembre 1959 à Juin 1960), et les travaux d'assainissement et de drainage entrepris en Novembre 1959 ont du être interrompus pendant la mauvaise saison et n'ont pu être achevés qu'en Septembre 1961."

Les travaux de surfaçage et de répandage de terres criblées n'ont été repris qu'au printemps 1962.
Les travaux du stade proprement dit ont été terminés à l'automne
1962.

Programme d'origine

Le stade a été réalisé sur un emplacement de 11 ha environ.
Il comprend :

a) Le terrain d'honneur combiné football-rugby de 100 m X 68,57 m ou de 124 m X 68,57 m:

- une piste d'honneur de 400 m comportant 6 couloirs et un 7ème couloir pour le 100 m dans la partie droite
- un sautoir en longueur triple saut, saut à la perche et en hauteur;
- une piste de steeple-chase avec fosse de saut
- des aires de lancer (poids, marteau et disque), ainsi qu'une aire de lancer de javelot sur pelouse.

Ce terrain est bordé à l'ouest d'une tribune couverte comportant 2 400 places assises et à l'est d'une tribune à gradins non couverte de 1 500 places. Sous la tribune d'honneur sont installées les diverses dépendances: poste de transformation, vestiaires et douches pour les joueurs et les arbitres, salles de musculation, infirmerie, salle de rangement de matériel, etc.

Le terrain d'honneur est équipé d'un éclairage permettant d'effectuer des nocturnes. Cet éclairage est assuré au moyen de 64 projecteurs de 2 kw installés sur des mâts métalliques de 30 mètres de hauteur.

b) Un terrain annexe combiné football-rugby de 90 m X 68,57 m ou 114 m X 68,57 m. Ce terrain est doté d'une piste de 400 mètres comprenant 4 couloirs sur le pourtour et un 5ème pour le 100 mètres, de sautoirs longueur, triple-saut, perche, hauteur, d'aire de lancer (poids, marteau, disque) ainsi que d'une aire de javelot sur pelouse.

c) Un terrain revêtu en sol dur, avec
- 2 tracés de terrain de football de 90 m X 55 m
- 2 tracés de terrain de handball de 30 m X 40 m
- 2 tracés de terrain de basket de 20 m X 14 in
- 2 tracés de volley-ball de 9 m X 18 m.

d) Un terrain d'entraînement sous forme d'une aire gazonnée de 80 m située entre les gradins et le terrain annexe. A proximité, une aire stabilisée de 30 m X 35 m a été aménagée ; elle est équipée de lançoirs collectifs, fosse de saut en hauteur et longueur, aire de lancer de poids, javelot et disque, piste de 100 m, 3 couloirs, 2 mâts à grimper.

e) Deux courts de tennis réalisés en béton perméable avec drainage.


1964, le 13 septembre : Inauguration du stade municipal qui prendra , en 1971, le nom de l'ancien maire décédé, Gaston Petit (décision du Conseil municipal du 22-12-1971).

L'équipe de football de la Berrichonne évolue sur le stade municipal, pour sa première saison, en 1964-65.


Programmes complémentaires.

Des compléments et modifications des dispositions du programme d'origine furent entrepris lors de l'entrée de La Berrichonne dans les championnats professionnels de deuxième et première division.
Ces dispositions résultent des obligations décidées par les instances sportives - la ligue nationale de football - quant au nombre de places des tribunes du public, et par les services publics quant aux problèmes de sécurité.

1992 : Deux tribunes ont été construites lors du passage de La Berrichonne dans le championnat de football professionnel de 2ème division..

1997 : La Berrichonne accède en D1.

L'impératif Imposé par la Ligue Nationale de Football pour l'accession en D1 est l'obligation de faire évoluer l'équipe dans un stade de 17000 places.

Pour cet investissement important, par bail emphytéotique, la ville cède le stade au club pour une durée de dix huit ans, à charge pour le club de créer une SCI et de réaliser les travaux (estimés à 40 millions de francs, soit près de la moitié du budget annuel d'investissement de Châteauroux), la ville garantissant l'emprunt contracté par la SCI et augmentant la subvention au club (de 3 à 4,5 millions de francs).

C'est le cabinet d'architectes parisien Atelier AR&C (Atelier Rigodeau et Coeur) qui a été choisi par le club de La Berrichonne pour dessiner le nouveau profil du stade Gaston Petit et élever sa capacité à 17000 places, mettre aux normes de sécurité, augmenter le nombre de caisses et d'accès au public.

Pour les aménagements extérieurs, la Ville prend à sa charge l'aménagement des aires de stationnement pour les socios du club, soit deux parkings de 160 et 250 places, et un parking extérieur de 250 places pour l'accueil des bus, installé en bordure du stade annexe.


2000 : un grand stade d'athlétisme est prévu


Sources : Archives municipales.
Bulletin municipal N°2-1971
La NR, la Marseillaise 14-09-64
Conseil municipal du 24 septembre 1964
Témoignages Claude Jamet
Témoignages Maurice Croze.
Témoignages et ouvrage "La Berrichonne" (Maurice Aujeu)
Châteauroux Aujourd'hui 6-7-8- 1997
MD

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